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expositions de ce genre le prestige qu’avait acquis ce groupement d’Artistes de 
toutes sortes et de toutes tendances qui ne pouvait avoir lieu qu’en France, à 
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Paris. Il ne faut pas oublier cela comme l’ont fait ces temps derniers certains 
artistes d’ailleurs très peu faits aux coutumes d’ici. Il faudra en temps voulu leur 
rappeler cette liberté, cette indépendance de discussion et de critique qui allaient 
de pair avec la plus grande liberté d’exposition. Mais pour le moment ce n’est que 
l’emploi injustifié d’une appellation que nous avons voulu relever. Enfin, il se 
mêlait à cette exposition une œuvre charitable et patriotique pour laquelle il 
s’agissait d’obtenir un succès pécuniaire. 
Ceci excuse certainement cela. 
BAUDELAIRE DANS LE DOMAINE PUBLIC 
Exprimer avec liberté ce qui est du domaine des mœursi* on ne 
connaît pas de courage plus grand chez un écrivain. 
Choderlos de Laclos s’y appliqua avec une précision pour la 
première fois vraiment mathématique. 
1782, c’est la date mémorable de la publication des Liaisons 
dangereuses où, officier d’artillerie, il tenta d’appliquer aux mœurs les 
règles de la triangulation qui servent aussi bien aux artilleurs qu’aux 
astronomes. 
Etonnant contraste ! La vie infinie qui gravite au firmament obéit 
aux mêmes lois que l’artillerie destinée par les hommes à semer la 
mort. 
Des mesures angulaires calculées par Laclos naquit l’esprit litté 
raire moderne. 
C’est là qu’en découvrit les premiers éléments Baudelaire, un explo 
rateur raisonnable et raffiné de la vie ancienne, mais dont les vues sur 
la vie moderne impliquent toutes une certaine folie. 
C’est avec délices qu’il avait aspiré les bulles corrompues qui 
montent de l’étrange et riche boue littéraire de la Révolution où près 
de Diderot, Laclos, fils intellectuel de Richardson et de Rousseau, eut 
comme continuateurs les plus remarquables, Sade, Restif, Nerciat et 
tous les conteurs de la fin du xvm e siècle. 
La plupart d’entre eux, en effet, contiennent en germe cet esprit 
moderne qui s’apprête à triompher, créant pour les arts et les lettres 
une ère nouvelle. 
A cette manne nauséabonde et souvent géniale de la Révolution, 
Baudelaire mêla le pus spiritualiste d’un étrange Américain : Edgar 
Poë, qui avait composé dans le domaine poétique une œuvre qui est le 
pendant inquiétant et merveilleux de l’ouvrage de Laclos.
	        
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