accentuant trop sa personnalité, — des proportions babylonnienes de méchanceté et 
de cynisme. 
Reverdy en groupant autour de l’homme les respirations, les relations des éléments, 
crée des états presque matériels, qui restent stagnants tout le long du trajet des 
différants personnages, et l’on étouffe presque, vers la fin du livre dans cette 
athmosphère dont on connaît les secrets de la composition, si l’on a assisté 
attentivement aux étapes qu’on a parcouru. C’est une grande qualité de ce roman 
de nous donner une émotion tellement forte, avec la sobriété dans le choix des 
moyens, que Reverdy y applique; en cela il est honnête et sérieux. Il se ra- 
proche du premier principe en ne faissant pas de morale, car il laisse tous les 
autres éléments (sauf l’homme) se manifester simultanément. Reverdy oppose à 
l’art pour l’art; l’art pour la vie. Nous y opposons l’art pour la diversité cos 
mique, pour la totalité, pour l’univers, et voulons voir, innées dans celles-ci, la 
vie lente qui existe et dort même dans ce qu’on nomme d’habitude mort. Mais 
les théories, les formules, sont relatives et élastiques (prises comme absolues 
elles deviendraient dogmes étroits et fanatisme) et nous ne voulons point en 
faire; voir dans ce que nous avons dit l’esquisse de quelpues caractéristiques. 
Il faut lire le roman de Reverdy, dont la poésie est sage et calme, et témoigne 
d’une tranquillité qui pousse et s’accumule dans sa propre puissance. Cascade 
qui tomberait en [haut en incendie productif comme un grand arbre aux fruits 
multiples et divers. 
PIERRE ALBERT-BIROT : TRENTE ET UN POÈMES DE POCHE (Ed. Sic) 
Colliers déréglés des maisonssapinsverts ; chaque notation dans une boîte : une 
atmosphère dans une boîte d’allumettes et la vitesse captée — des insectes, des 
tramways qui grimpent vers une tête de verre. Dire : le futurisme pour les jeunes 
filles, l’explosion au pensionnat et aplatis sous les coussins douillets: les paysages 
nouveaux? Mais chaque petite page crie trop fort et crève dans le vase, chacune 
contient une nouvelle idée, et l’on est astralement émerveillé devant le passage 
rapide (un peu trop brutal, mais peut-être: nécessaire?) des images de vie intense 
0 
et coloriée. 
H. ARP, W HELBIG ET A. SEGAL exposent actuellement une série de peintures 
et de broderies à la galerie Wolfsberg (Zurich). Le peintre roumain Segal veut 
donner à chaque élément une valeur égale et le droit à une vie indépendante. 
Il voit dans l’application de cette pensée aux principes humains, l’équilibre et 
la tranquillité. Ses toiles sont illuminées par ces deux grandes qualités et témoi 
gnent d’une sensibilité riche et d’un bon métier.
	        
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