Full text: Zeichnungen französischer Meister von David zu Millet

En tout cas, personne au cours du siecle n’a autant dessine que ce 
grand poete de la couleur , cet inventeur d’harmonies et d’Emotions nou- 
velles. Ses ennemis, aveugles par une fausse conception du classicisme 
qut wWetait quwun masque des prejuges academiques, Vaccusaient 
d’ignorer les rudiments du dessin. Lui, il savait bien la valeur des 
znnombrables feuillets qui s’etaient accumnules dans ses cartons, et 
qu’un jour ils plaideraient sa cause, autrement mais non mMoins Eloquem- 
ment que ses tableaux et ses grandes compositions decoratives. Il 
chargea har testament un ami en qui il avait toute confiance et qui 
etait en effet un vrai connaisseur, Philippe Burty, de classer cet immense 
röpertoire d’impressions, de recherches, d’idees, de projets, et de le faire 
Dasser en vente avec les peintures demeurees dans l’atelier de la rue 
de Furstenberg. 
La lutte est finie depuis longtemps. II nous est facile aujourd’ hui 
d’itre plus justes que les contemporains et, sans faire tort a la magistrale 
beaute des dessins d’Ingres, d’admirer les pathetiques, nerveux:, Incisifs 
croqus au crayon, d la plume, au lavis et les merveillenses aquarelles 
d’Eugene Delacroix. Etudes pour les tableaux les plus celebres, la 
Mortde Sardanapale ou les Femmes d’Alger, odalisques, fleurs, 
aNLMAUX SaUvages, Notes prises au Maroc precieuses comme des minia- 
tures persanes : on penetrera par quelques feuillets choisis dans V’in- 
Himite de ce grand peintre, de ce grand esprit, de ce grand homme. 
Cette reconciliation posthume que Vhistoire equitable accomplit 
entre les deux rivaux dans la Iumiere paisible des mustes, il se trouve 
que, du vivant meme d’Ingres et de Delacroix, un jeune peintre poete 
qui döbuta en genie adolescent que presse V’intuition d’une mort pre- 
maturee, Chasseriau, Vavait tentee dans son euvre: Sees dessins nous 
font, au moins autant que ses peintures, sentir ce qwil sut ajouter de 
gräce personnelle a ce double heritage. 
Le theme essentiel de cette exposition a Et congu par M. Wartmann 
comme une preface de V’hommage plus complet que Zurich rendra 
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