Full text: Schweizerische Städtebau-Ausstellung Zürich 1928

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Pour bien comprendre comment s’est formée la Genève moderne, 
il faut se rappeler la situation dans laquelle se trouvait la ville 
lors de sa réunion à la Suisse. En 1815, la ville de Genève, re 
serrée dans ses fortifications, formait un bloc fermé, dont la sur 
face avait été utilisée jusque dans ses moindres recoins. A quelque 
distance en dehors des murs se trouvait la petite ville deCarouge; 
au pied des remparts s’étaient formés de chétifs faubourgs, ré 
partis sur trois communes différentes; presque jusqu’aux portes 
de la cité s’étendaient les domaines ruraux des patriciens. 
Au début de la période d’extension qui commence au milieu du 
XIX me siècle, l’Etat prit tout d’abord en mains la direction des 
travaux édilitaires. Après avoir fait raser les fortifications, il fit 
établir sur leur emplacement des quartiers neufs aménagés selon 
un plan d’ensemble, et mit en vente les terrains à bâtir en impo 
sant aux acheteurs des servitudes assurant l’observation de cer 
taines dispositions générales. Il fixa ainsi, dans chaque quartier, 
la hauteur des façades et les dimensions des espaces à réserver 
entre les bâtiments. De vastes territoires ont été affectés exclusi 
vement à l’habitation; le nombre des étages y est limité à 2 ou 3. 
Dans les autres quartiers le nombre des étages est plus considé 
rable. Des mesures furent également prises pour limiter la hau 
teur des bâtiments dans certaines régions, afin de ménager la vue 
dont on jouissait des terrasses et des promenades de la haute ville 
sur le pays environnant. 
Pendant que s’établissaient ces quartiers, sur le pourtour de l’an 
cienne ville, selon des règles fixées par l’Etat, l’agglomération 
urbaine prit également de l’extension dans une autre direction, 
et dans des conditions bien différentes. Les quartiers neufs établis 
sur l’emplacement des fortifications furent occupés presqu’ex- 
clusivement par la population aisée. En dehors de ce périmètre 
d’autres quartiers furent être créés pour répondre aux besoins 
de la population ouvrière. Les anciens domaines patriciens les 
plus rapprochés de la ville furent démembrés et, sur leur em 
placement, des sociétés immobilières, créées en grand nombre 
entre 1860 et 1870, édifièrent, sans grand souci d’hygiène et 
d’ordonnance, de hauts bâtiments à 5 ou 6 étages. Ces quartiers 
furent généralement établis sans plans d’ensemble, en utilisant
	        

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