d’anciens chemins de campagne et en créant des voies nouvelles
avec la préoccupation de tirer le meilleur parti possible des do
maines qui étaient successivement morcelés. En même temps,
d'autres régions, mieux situées sur les plateaux avoisinants, com
mencèrent à se couvrir de villas. Les pouvoirs publics, qui avaient
accompli un grand effort pour créer de nouveaux quartiers sur
l'emplacement des fortifications, se désintéressèrent du dévelop
pement extérieur de la ville. L’Etat prit tardivement certaines
dispositions concernant les alignements et les autorisations de
construire (Loi du 23 octobre 1878 sur les alignements des cons
tructions), mais ne fit point établir de plan général d’extension
de l’agglomération urbaine. Il abandonna aux communes le soin
de régler le développement de la banlieue. Les administrations
municipales de cette région, qui était encore en fait à demi ru
rale, ne comprirent pas l’importance de la tâche qui leur était
dévolue. Elles laissèrent libre jeu à l’initiative privée qui con
tinua à morceler les terrains suburbains sans suivre aucune ligne
directrice.
Pendant près d’un demi-siècle, soit pendant la période où il au
rait fallu jeter les bases de son développement futur, Genève a
donc crû de façon plutôt désordonnée. C’est en 1895 seulement
qu’elle a été dotée d’une véritable loi sur les constructions, loi
encore très timide, loi conçue dans l’idée qu’il ne pouvait exister
qu’un seul type de construction urbaine, la grande maison loca
tive à 5 ou 6 étages. Peu d’années après, en 1900 furent établis
les premiers plans d’extension, à l’aide desquels un peu d’ordre
put être apporté dans la formation des banlieues. Ces efforts
tardifs ne donnèrent pas les résultats qu’escomptaient leurs pro
moteurs. En dépit des améliorations apportées encore en 1918 à
la législation, les conditions dans lesquelles s’effectue aujour
d’hui l’extension de la ville ne sont pas encore satisfaisantes.
Si malgré tout, l’agglomération genevoise offre un tableau beau
coup moins sombre qu’on ne pourrait le supposer en lisant ces
lignes, cela tient au fait qu’elle s’est constituée dans un cadre
merveilleux fourni par la nature et aménagé, bien avant que la
ville ait pris de l’extension, comme une sorte de parc d’agrément.
A part certains emplacements irrémédiablement compromis,