Full text: Schweizerische Städtebau-Ausstellung Zürich 1928

d’anciens chemins de campagne et en créant des voies nouvelles 
avec la préoccupation de tirer le meilleur parti possible des do 
maines qui étaient successivement morcelés. En même temps, 
d'autres régions, mieux situées sur les plateaux avoisinants, com 
mencèrent à se couvrir de villas. Les pouvoirs publics, qui avaient 
accompli un grand effort pour créer de nouveaux quartiers sur 
l'emplacement des fortifications, se désintéressèrent du dévelop 
pement extérieur de la ville. L’Etat prit tardivement certaines 
dispositions concernant les alignements et les autorisations de 
construire (Loi du 23 octobre 1878 sur les alignements des cons 
tructions), mais ne fit point établir de plan général d’extension 
de l’agglomération urbaine. Il abandonna aux communes le soin 
de régler le développement de la banlieue. Les administrations 
municipales de cette région, qui était encore en fait à demi ru 
rale, ne comprirent pas l’importance de la tâche qui leur était 
dévolue. Elles laissèrent libre jeu à l’initiative privée qui con 
tinua à morceler les terrains suburbains sans suivre aucune ligne 
directrice. 
Pendant près d’un demi-siècle, soit pendant la période où il au 
rait fallu jeter les bases de son développement futur, Genève a 
donc crû de façon plutôt désordonnée. C’est en 1895 seulement 
qu’elle a été dotée d’une véritable loi sur les constructions, loi 
encore très timide, loi conçue dans l’idée qu’il ne pouvait exister 
qu’un seul type de construction urbaine, la grande maison loca 
tive à 5 ou 6 étages. Peu d’années après, en 1900 furent établis 
les premiers plans d’extension, à l’aide desquels un peu d’ordre 
put être apporté dans la formation des banlieues. Ces efforts 
tardifs ne donnèrent pas les résultats qu’escomptaient leurs pro 
moteurs. En dépit des améliorations apportées encore en 1918 à 
la législation, les conditions dans lesquelles s’effectue aujour 
d’hui l’extension de la ville ne sont pas encore satisfaisantes. 
Si malgré tout, l’agglomération genevoise offre un tableau beau 
coup moins sombre qu’on ne pourrait le supposer en lisant ces 
lignes, cela tient au fait qu’elle s’est constituée dans un cadre 
merveilleux fourni par la nature et aménagé, bien avant que la 
ville ait pris de l’extension, comme une sorte de parc d’agrément. 
A part certains emplacements irrémédiablement compromis,
	        
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