Full text: Schweizerische Städtebau-Ausstellung Zürich 1928

pouvoirs ecclésiastiques, la propriété du sol urbain, la Révolu 
tion a détruit d’un coup le lien qui rattachait l’autorité politique 
à la propriété foncière. Elle a créé, à côté du pouvoir communal, 
une autre puissance: la propriété privée. Bien qu’elle fut répartie 
entre de multiples individus, cette puissance demeura effective 
parce qu’elle résultait d’une communauté d’intérêts. Dès l’instant 
où les villes prirent un certain essor, le pouvoir communal ren 
contra, dans l’excercice de son mandat édilitaire, la résistance que 
lui opposaient les détenteurs de la propriété privée, d’autant plus 
inaptes à envisager les problèmes urbains sous l’angle de l’intérêt 
général qu’ils étaient naturellement enclins, par le morcellement 
du sol, à considérer toute question dans les limites étroites de 
leurs propres biens. 
Pour pouvoir remplir à la satisfaction des collectivités dont ils 
étaient les mandataires, leur rôle d’organisateurs de l’extension 
des villes, les autorités urbaines ont été amenées à prendre, petit 
à petit, à l’égard de la propriété privée, proclamée inviolable par 
les nouvelles constitutions du XIX me siècle, des mesures quali 
fiées de restrictives, qui n’avaient pas d’autre but que de déter 
miner les limites dans lesquelles ce droit de propriété conféré à 
l’individu, pouvait être exercé sans nuire à l’intérêt général. 
Une réglementation de l’exercice du droit de propriété dans les 
régions urbaines était d’autant plus nécessaire que l’époque où de 
nouvelles libertés furent données à l’individu de disposer comme 
bon lui semble de son bien coïncide avec celle où disparurent 
bien des coutumes séculaires en matière de bâtisse. Toutes les 
possibilités s’offraient, bonnes et mauvaises, aux détenteurs du 
sol urbain qui voulaient mettre en valeur leurs domaines. Les 
règles imposées par l’usage et la tradition n’avaient plus de 
prestige; toutes les expériences étaient possibles. En fait bien des 
quartiers furent bâtis, au cours du XIX me siècle, pour de tout 
autres motifs que celui de rendre un service à la communauté. 
On peut même constater qu’au moment où les villes, débarassées 
du corset de murailles qui avait gêné longtemps leur extension, 
auraient pu se développer librement sur les campagnes environ 
nantes, le désir de valoriser à l’excès certaines propriétés privées 
suscita une concentration des bâtiments d’habitation sur des
	        

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