Full text: 4(1922-1923), Déc.-Janv. = Nr. 30 (30)

L’ATELIER 
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L’ATELIER. (Théâtre Æontmartre) 
Non loin des stations de métro Pigalle et Barbés, en équilibre sur le flanc de 
la Butte, se trouve la place Dancourt. C’est là que l'Atelier a coquettement installé 
son théâtre et son école. 
Qu’est-ce que /’Atelierl Voici ce qu’en dit M. Ch. Dullin, son créateur et 
directeur i 
Nous avons l’ambition d'intéresser le public en lui jouant de belles œuvres. Ces œuvres, nous irons 
les chercher partout où elles sc trouvent, sans nous créer des obligations de « Théâtre d’avant-gardc *. 
Nous voulons être Théâtre tout court, mais bon et vrai Théâtre. Nos amis nous comprendront. 
Ce qui répond pour nous, c’est notre programme ; il nous dispense de profession de foi retentissante. 
Ces œuvres sont jouées par une troupe solide, animée d’un même esprit. Le public ne doit pas venir 
chercher chez nous une vedette, mais un beau spectacle d'ensemble. Ce public, nous voulons en faire un 
collaborateur direct, un ami de notre maison. Pour établir un lien entre lui et nous, il est mis dans le pro 
gramme, à la disposition de chaque spectateur, une page blanche. Lorsqu’un spectateur a une réclamation 
à adresser ou simplement une suggestion touchant l’intérêt général à formuler, il n’a qu’à remplir cette 
feuille, la détacher du programme et la glisser, ,en s’en allant, dans une boîte placée à cet effet près du 
contrôle. 
Les ouvreuse» sont rétribuées par le théâtre; interdiction leur est faite de recevoir aucun pourboire, 
sous peiue de radiation immédiate. Nous aurions voulu, dès cette année, que le vestiaire fût gratuit, mais 
cela nécessiterait une installation et une organisation dont il nous est impossible d’assumer encore les char 
ges; nous espérons pouvoir le faire l’année prochaine. 
Voici donc un théâtre honnête où les chefs-d'œuvre de la littérature ancienne et moderne sont repré 
sentés quotidiennement par une troupe fervente, où l’on essaye de collaborer avec le public. Ce théâtre, 
édifié à la force du poignet, demande à vivre et à prospérer. Que ceux qui aiment encore les belles choses 
nous aident à préserver celle-ci et à persévérer jusqu’au bout dans notre tâche. 
Les débuts du théâtre de l’Atelier, le 18 février 1922, ont été salués par la 
presse avec une sympathie qui n'avait rien de conventionnel. Depuis, on y a joué 
le Divorce, de Regnard ; l'Occasion, de Prosper Mérimée; Aloriana et Galvan, 
d’Alexandre Àrnoux; Chantage, de Max Jacob; la l^ie est an Songe, de Calderon, 
sans oublier cette adaptation libre A’Antigone de Sophocle, par Jean Cocteau, dont 
il est question plus haut. 
— En souscrivant aux actions de la Société l’Atelier, on obtient, entre autres avantages, une place 
(par action de 900 fr.) à la répétition générale de chacun des nouveaux spectacle*. 
Dans la Chronique musicale de M. Erik Satie, (n° 29) il faut lire Pleyela, au 
lieu de pianota, pour désigner l'instrument auquel M. Igor Stawinsky consacre 
des recherches.
	        

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