Full text: Les feuilles libres (4(1922), avril-mai = No. 26)

LA POÉSIE 
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Dans un tube de Crookes sourit un estomac à côté d’un danseur 
monoclé. Comment allez-vous, Tzara? — Pas mal, merci, et vous? 
Il n'y a aujourd'hui que des prétextes, mais ils ne tuent pas tou 
jours, telle cette fin de Æaiàoa tlake : 
l’année sera parmi les palmiers et bananiers 
jaillis du halo en cubes d’eau 
simple production vaste musique surgissant à bon port 
et le pain cramoisi à la future et multiple saison 
des vieilles gravures des rois à la chasse joliment coloriées 
pipe et boxe dans le vase sous l’as de pique pipier avec 
les oiseaux et les nues fraîches un bateau alerte dans le bec 
du roc moteur aux étincelles des bonnes nouvelles la Tour Eiffel 
joue au rebec 
ici chaque chaise est molle et confortable comme un archevêque 
entreprise d'ascétisme moines garantis à tous les prix-mesdames 
ici maison Flake. 
Après cela, si les étoiles se cristallisent, si les barbiers deviennent 
des empereurs, si le tabac nourrit les poissons d'eau douce, est-ce notre 
faute à nous qui voulons vivre comme des épingles? Quelquefois un 
cheveu passe. Si on le suit, on arrive à une grande ville qui ressemble 
à Paris, mais qui n'est pas Paris. Quant aux singes du langage laissez- 
les à l'air libre ils se décomposeront rapidement et de si jolis papillons 
chimiques s’envoleront de la charogne et iront plus loin exploser en répan 
dant des vapeurs où l’on retrouvera les parfums mélangés du citron et 
du peroxyde d'azote. 
Croyez-moi ou ne me croyez pas, ce livre est un beau livre, utile 
comme un shampoing, agréable comme une locomotive, et que je ne 
suis pas près d'oublier. 
Benjamin PERET.
	        

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