L’ŒUF DUR 
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Ro ème 
Les loups hurlaient à la lune, ô mon cœur, ils hurlaient lamen 
tablement. Mais pourquoi veux-tu que ceci je te conte, pourquoi 
si ce n’est pour que meure ta tristesse? Or ceci est triste, ô mon 
cœur, ceci est triste, ceci est triste comme un lourd soir d’été. 
Elle, dansait là, si pâle, si pâle, qu’elle semblait toute d’un 
-argenté exquis, elle dansait là, diaphane et troublante, et ses 
voiles autour d’elle tournoyaient lentement, comme autour de la 
lune les nuages tournent la nuit. 
Elle touchait à peine la terre en son vol, et l’ivresse vaporeuse 
qu’elle versait à l’air noir montait en harmonie jusqu’au ciel 
constellé. Et c’était un encens, un encens d’inexprimable amour, 
au temple indestructible de l’art divinisé. 
Mais pourquoi, ô mon cœur, pourquoi veux-tu ce conte 
puisqu’il est triste, oh ! triste comme un lourd soir d’été. 
Pendant qu’elle dansait là, lui, le Dieu était venu. Il venait 
silencieusement tout droit, tout droit, dans sa beauté inimitable 
et nue. Et avec lui venait une lumière d’or, une incomparable 
lumière d’or qui humiliait la lune, terrorisait les loups. 
Elle d’abord ne l’avait pas vu. Elle dansait, elle dansait, et 
ne le voyait pas, dans sa danse emportée. Mais à la lumière d’or, 
ses doux yeux éprouvèrent comme un mal. Et voici qu’elle 
le vit, et en elle naissait la peur. 
Mais lui doucement, oh ! doucement l’appelait, et soumise et 
dansante, elle, troublée, venait à lui. Et quand il mit la main 
sur elle, toute tressaillante, elle s’arrêta. Mais lui la serra avec 
tendresse et sous son désir la ploya. 
Mais pourquoi, ô mon cœur, pourquoi veuxMu ce conte, 
puisqu’il est triste, oh ! triste comme un lourd soir d’été. 
Voici ; le Dieu continua sa route, et la laissait seule où elle 
avait dansé. Quand vint la nuit, elle ne sut plus la danse, et elle 
mourait d’amour abandonné. Les loups hurlaient à la lune, 
ô mon cœur, ils hurlaient lamentablement. 
Voilà, voilà, ce conte, triste, oh ! triste comme un lourd 
soir d’été,. 
Mary LIowson. 
(Traduit de l’anglais par l’auteur 
et Jean-Pierre Lafarge.)
	        

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