Full text: 4(1922), Août-Septembre = Nr. 28 (4(1922), Août-Septembre = Nr. 28)

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258 PHILIPPE SOUPAULT 
temps, pleures-tu, t’ennuies-tu davantage? c’est parce que tu comprends maintenant 
tout le mal que l’on nous a fait. 
Tu comprends que tu pourrais être tranquille dans notre intérieur, ne plus aller 
chez les autres, être adorée, choyée de ton Henri qui t’aime tant. Pourquoi encore 
une fois, nous faire tant de peine, tant de reproches mal fondés, pourquoi vivre 
ainsi séparés. Tout cela pour des gens qui te nuisent plutôt qu’autre chose. 
Ainsi, nous aurions pu encore passer un bon dimanche demain ensemble, heu 
reux, bien heureux, eh bien non! au lieu de se promener, respirer l’air pur de la 
campagne, et tous les deux ensemble, nous serons là, séparés, éloignés l’un de 
l’autre, et tu trouves cela bien. 
Tu as raison, pour ne pas déplaire, pour ne pas régulariser une situation indé 
cise, et ne pas avoir cette volonté ferme comme tu l’as pour nous faire souffrir, 
aie cette même volonté pour bien faire, et nous rendre heureux tous les deux, tu 
verras si je ne te servirai pas convenablement alors. 
Mille baisers affectueux. 
Ton Henri tout à toi, 
H. Rousseau. 
(Dans le coin à gauche, Rousseau a dessiné en haut de la première 
page de cette lettre, une pensée, et c’est sous cette fleur qu’il a écrit : 
« A toi toutes mes pensées). 
A quoi bon ajouter un seul mot ? Il s’agit de se taire. Le silence est 
une échelle que l’on tire. 
Philippe SOUPAULT.
	        
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