Full text: 5(1923), Sept.-Octobre = Nr. 33 (33)

ARTHUR RIMBAUD 
143 
SONNET 
POÈME INÉDIT 
Des nuits du blond et de la brune 
Rien dans la chambre n’est resté. 
Pas une dentelle d’été. 
Pas une cravate commune. 
Et sur le balcon où le thé 
Se prend aux heures de la lune, 
Ils n’ont laissé de trace aucune: 
Aucun souvenir n’est resté. 
Au bord d’un rideau bleu, piquée 
Luit une épingle à tête d’or, 
Comme un gros insecte qui dort. 
Pointe d’un fin poison trempée, 
Je te prends, sois-moi préparée 
Aux heures des désirs de mort. 
Arthur RIMBAUD
	        

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