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Louis-de-Gonzague Frick : Girandes. 
L’auteur ne distingue point la nature de la littérature. 
Celle-ci lui tient lieu de celle-hn. Les arbres sont ses 
meilleurs amis, qui portent avec talent des noms dou 
bles ou, à défaut, des prénoms sonores. On ne saurait 
s’adresser à eux sans des révérences, ni les mouvements 
oratoires de Mallarmé. Les propos importent peu, mais 
le ton. Que de ronds-de-jambe, Parc aux perles, pour 
circuler dans tes méandres ! Le gracieux horticulteur 
glisse en portant des poèmes comme un garçon entre 
les tables des cafés, et mérite à force d’euphoriques 
chorégraphies un nom grec que votre érudition forge 
rait sans peine et qui signifierait naturellement le fran 
çais tel qu'on le danse. 
Luigi Libero Russo : Contes à la Cigogne. 
Cette cigogne a les yeux beaux, les jambes fines, 
mais s’engonce le cou d’un faux-col dans le style 1904. 
A vrai dire, la pudeur la pousse à nommer « contes » de 
véritables poèmes en prose. Elle n’oserait se montrer 
nue et sans enseigne, et, de nous deux, je suis le seul 
à sentir le carcan qu’elle porte et qui me blesse au 
menton. 
Paul Dermée : Beautés de 19i8. 
On prend son bien où on le trouve. Monsieur D. se 
sert de tout ce qui lui tombe sous la main. C’est un au 
teur facile. Je lui préfère Jean Aicarcl, qui s’adonne hon 
nêtement aux arts d’imitation et ne démarque jamais 
Pierre Reverdy. 
André Spire : Le Secret. 
Des élégantes courent les magasins, les thés, les gar- 
den-parties, ; des jeunes gens montent au Bois. On par 
tage son temps entre les réceptions et les sports. Où 
suis-je donc ? Chez Van Dongen ? Mais tout à coup 
l’éclairage change : on vient d’allumer la lampe juive.
	        
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