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Oh ! quel Rêve les a saisies 
Dans les pandiculations ? 
Un rêve inouï des Asies, 
Des Khenghavars ou des Sions ? 
— Ces mains n'ont pas vendu d’oranges, 
Ni bruni sur les pieds des dieux ; 
Ces mains n’ont pas lavé les langes 
Des lourds petits enfants sans yeux. 
Ce ne sont pas mains de cousine, 
Ni d’ouvrières aux gros fronts 
Que brûle, aux bois puant l’usine, 
Un soleil ivre de goudrons. 
Ce sont des ployeuses (*) d’écliines, 
Des mains qui ne font jamais mal, 
Plus fatales que des machines, 
Plus fortes que tout un cheval ! 
Remuant comme des fournaises 
Et secouant tous ses frissons, 
Leur chair chante des Marseillaises 
Et jamais les Eleisons ! 
Ça serrerait vos cous, ô femmes 
Mauvaises, ça broierait vos mains, 
Femmes nobles, vos mains infâmes 
Pleines de blancs et de carmins. 
(*) Variante : Casseuses.
	        

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