Full text: 5(1923), Nov.-Déc. = Nr. 34 (34)

JACQUES POREL 
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L’EQUIPAGE, par J. KesseL, (éd. de la N. R. F.) 
Il y a peu à ajouter au concert d’éloges qui vient d’accueillir le 
deuxième roman de M.. Kessel. L’Equipage est un beau livre qui 
mérite son grand succès. Il a manqué une importante récompense 
d'une façon qui l'a mis plus en évidence que s’il l'avait reçue. Les 
articles des grands quotidiens l’ont célébré avec ce sérieux que l'âge 
veut bien parfois accorder à la jeunesse — en lui distribuant les 
promesses d'usage. M. Kessel s’est trouvé, de ce fait et sans prépa 
ration, livré au grand public. Quel usage celui-ci va-t-il faire de lui ? 
M. Kessel est à ce point inquiétant, troublant de la destinée littéraire 
où l’on cesse d'être uniquement quelqu’un pour soi-même, où l’on 
devient quelqu’un pour quelqu'un. 
Peut-être est-il encore temps néanmoins dans une jeune revue de 
parler d'un écrivain qui est un jeune dans toute l'acception du terme, 
avec tout ce qu'il comporte de force, de noblesse, d'imperfection et 
d'élan. 
M. Kessel a mis la main sur un admirable sujet qui se déroule 
dans un cadre où l’auteur a vécu. Il est monté vers lui tout simplement 
d'un mouvement continu. Il était impossible de décrire avec plus 
d'émotion et d’exactitude cette vie de l’aviation pendant la guerre, 
ce qu'il y avait de bougon, d'enfantin et d'héroïque dans cette frater 
nité quotidienne. La mort du capitaine Thélis est un des plus beaux 
morceaux qu'on puisse lire. 
M. Kessel voit grand ce qui pourrait être dangereux, mais il voit 
juste ce qui le sauve. 
L’Equipage est le type d’une œuvre à la fois romantique et 
moderne qui nous autorise à penser qu'on en écrira toujours. 
Jacques POREL.
	        
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