19 
L’ŒUF DUR 
14 
Une Affaire d’Honneur 
Pantaléon tira pour la septième fois la chaîne des cabinets. 
Il s’aperçut alors qu’il tenait de l’autre main la photographie 
sur le journal d’une jeune fille non pareille : « Ah ! se dit-il, 
vive le papier couché. ! » puis, examinant de plus près : « Elle 
est vraiment belle, je l’aime. » Un point c’est tout et c’est ainsi 
qu’on fait l’histoire. Il rentra dans sa chambre, prit son chapeau 
de paille, sa canne à crosse d’évêque et alla faire un tour à la 
promenade. Il y pensait bien rencontrer Léonie (car c’était le 
nom de la jeune fille). Du plus loin qu’il la vit, par une mimique 
expressive il lui fit comprendre qu’il l’aimait. Détournant la 
tête d’un air souverainement dédaigneux elle lui montra qu’elle 
n’était point une femme facile. C’est alors qu’il acheta des roses 
à une petite bouquetière. Les apportant à Léonie, il s’aperçut que 
ces fleurs étaient pourries : « Mille pardons », dit-il. « Que non, 
répondit-elle, c’est l’indice d’un esprit original et délicat. » 
Les choses allèrent dès lors fort vite. Le soir, ils s’aimèrent 
dans un lit d’acajou. Dans la suite, Pantaléon apprit que Léonie 
était une dangereuse maniaque qui égorgeait les petits enfants : 
C’est pour cela que son portrait était publié dans le journal. 
« Bah ! pensa-t-il, j’ai passé l’âge de raison. » Et il parla de sa 
découverte à Léonie qui riposta par cette chanson de Mayol : 
Le Targui sur son mêhara, 
Les Touareg sur leurs méhari 
Ont mangé de la mort aux rats. 
Mourront-ils du béribéri ? 
Dans le faubourg de Mégara, 
Ils se sont faits harakiri. 
(Refrain) 
Dans mes haras 
De méhari 
Le méhara 
Aimé a ri. 
Ce dont le Targui se targua.
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.