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prouver, ô moribonds des maremmes perverses ! moins de 
résistance et de courage, encore. Avec ma voix et ma solennité 
des grands jours, je te rappelle dans mes foyers déserts, glorieux 
espoir. Viens t'asseoir à mes côtés, enveloppé du manteau des 
illusions, sur le trépied raisonnable des apaisements. Comme 
un meuble de rebut, je t'ai chassé de ma demeure, avec un 
fouet aux cordes de scorpions. Si tu souhaites que je sois per 
suadé que tu as oublié, en revenant chez moi, les chagrins que, 
sous l'indice des repentirs, je l'ai causés autrefois, crebleu, 
ramène alors avec toi, cortège sublime — souienez-moi, je 
m'évanouis ! — les vertus offensées et leurs impérissables 
redressements. 
Je constate, avec amertume, qu'il ne reste plus que quelques 
gouttes de sang dans les artères de nos époques phtisiques. Depuis 
les pleurnicheries odieuses et spéciales, brevetées sous garantie 
d'un point de repère, des Jean-Jacques Rousseau, des Cha 
teaubriand et des nourrices en pantalon aux poupons Ober- 
mann, à travers les autres poètes qui se sont vautrés dans le 
limon impur, jusqu'au songe de Jean-Paul, le suicide de Dolo- 
rès de Veiniemilla, le corbeau d'Allan, la Comédie Infernale 
du Polonais, les yeux sanguinaires de Zorilla, et l'immortel 
cancer, Une Charogne, que peignit autrefois, avec amour, 
l'amant morbide de la Vénus holtenlote, les douleurs invrai 
semblables que ce siècle s'est créées à lui-même, dans leur voulu 
monotone et dégoûtant, l'ont rendu poitrinaire. Larves absor 
bantes dans leurs engourdissements insupportables ! 
Allez, la musique. 
Oui, bonnes gens, c'est moi qui vous ordonne de brûler, sur 
une pelle, rougie au feu, avec un peu de sucre jaune, le canard 
du doute, aux lèvres de vermouth, qui, répandant, dans une lutte 
mélancolique entre le bien et le mal, des larmes qui ne viennent 
pas du cœur, sans machine pneumatique, fait, partout, le vide 
universel. C'est ce que vous avez de mieux à faire. 
Le désespoir, se nourrissant avec un parti pris, de ses fan 
tasmagories, conduit imperturbablement le lilléraleur à l'abro 
gation en masse des lois divines et sociales, et à la méchanceté 
théorique et pratique. En un mot, fait prédominer le derrière 
humain dans les raisonnements. Allez, et passez-moi le mot ! 
L'on devient méchant, je le répète, et les yeux prennent la teinte 
des condamnés à mort. Je ne retirerai pas ce que j'avance. Je
	        
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